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La 28è édition du festival du film Britannique

Le week-end dernier, Mathilde et moi étions à la 28è édition Festival du film Britannique et nous avons pu constater qu’à l’instar de la municipalité Cannoise, Dinard sait soigner son tapis rouge -en plus petit tout de même, mais so british !

Le jury de la 28è édition du festival du film Britannique, crédit photo Le télégramme.

La horde de photographes de rigueur, le prestigieux jury (Nicole Garcia en présidente de grande classe), les selfies de fans surexcités… Rien ne manquait ! Et n’en déplaise aux détracteurs de la Bretagne, la pluie s’est faite somme toute assez discrète.

Le palmarès ? D’autres médias sauront bien mieux vous le résumer que nous, mais puisqu’il faut tout de même vous laisser penser que nous n’étions pas au festival uniquement pour les petits fours, le champagne et la soirée où Mathilde s’est déhanchée sur la bande son de 120 battements par minutes (« Run away, turn away, run away, turn away, run away »)… Notez donc que le prestigieux Hitchcock d’or est allé à Seule la Terre de Francis Lee.

Ceci étant dit, qu’avons-nous tout particulièrement retenu du festival ? Puisqu’il devient déjà de coutume d’émettre un point de vue personnel sur ce blog, je parlerai de deux des attraits du festival qui m’étaient chers.

OMG Bill Nighy !!!

festival du film britannique

J’ai fait un rêve, rencontrer trois acteurs, tous britanniques et maitres de la comédie : John Cleese, Rowan Atkinson et Bill Nighy.
Je n’avais pas d’ordre de préférence, chacun se valait dans son art. Et ce week-end… Je n’ai pas réalisé mon rêve, j’ai manqué Bill Nighy ! Mais déjà de savoir que nous avons foulé les mêmes rues pavées de Dinard la belle… ça ne m’avance à rien en fait.

Paul Marques Duarte, réalisateur de la bande annonce

Soyons honnêtes, Paul était le véritable motif de notre présence au festival, pour des raisons évidentes que beaucoup connaissent 🙂

Le tapis rouge du réalisateur Paul Marques Duarte, entouré des comédiens Carmen Primault et Olivier Rolland.
Crédit vidéo Haiku Prod’

Hitchcock en maillot de bain !

Cette année, les professionnels, le public et la presse ont tous plébiscité la bande annonce de cette 28è édition. Elle était projetée dans les rues de Dinard sur grand écran, dans de nombreuses salles de cinéma partenaires, mais aussi sur plusieurs chaines de télévision locales ou nationales.

L’an passé, lors de la 27è édition, la direction du festival remarque le tout jeune réalisateur Paul Marques Duarte à l’occasion d’un très court métrage qu’il réalise pour un plateau télé France 3, scène d’amour.

Il faut bien dire que le film présente de nombreux atouts : l’esthétisme, le clin d’oeil à Alfred Hitchcock marqué jusque dans le choix de la musique et surtout, une audace certaine dans la manière de traiter le sujet.

C’est ainsi que la direction du festival a souhaité laisser libre cours à l’imagination du jeune cinéaste, en lui donnant « carte blanche » pour la réalisation de la bande annonce.

De l’inspiration, Paul n’en manquait pas !

  • Dinard est la ville où il a passé une partie de son enfance, l’été chez ses grands parents. Une ville qu’il qualifie de « cinégénique » tant les paysages et l’architecture épousent à merveille l’objectif de la caméra.
  • passionné de cinéma depuis l’âge de 12 ans, Alfred Hitchcock est évidemment l’un des cinéastes a avoir bercé ses jeunes années.

festival du film britannique

C’est ainsi qu’est née cette 28è bande annonce du festival du film britannique de Dinard.
Alfred Hitchcock en maillot de bain, entouré de nageuses de natation synchronisée !
Comédien d’un jour, Olivier Rolland est professeur de Breton. Il a confié à Ouest-France le plaisir qu’il a eu à participer au projet.

Pour coller à l’affiche du festival du film britannique 2017, Paul Marques Duarte a également casté une mamie très rock n’roll : Carmen Primault.

Ci-contre une scène inédite, bêtisier du tournage dont la scène d’intérieur a été enregistrée au Château du Boschet.

Pour voir la 28è bande annonce du festival du film britannique de Dinard, c’est ICI.

festival du film britannique

L’art est un jeu d’enfant

Paul Marques Duarte a 21 ans. Baigné dans le milieu artistique depuis tout petit avec une mère comédienne professionnelle et un père comédien amateur, il approche la réalisation très jeune.

Développer sa culture cinématographique lui fait gagner en maturité tout en revendiquant son âme d’enfant, celle qui est sa source de créativité.
Ce sera d’ailleurs le sujet d’une conférence TEDx que lui propose l’une des organisatrices Rennaise.

Extrait de la conférence TEDx Rennes, « l’art est un jeu d’enfant », Paul Marques Duarte

La diversité de réalisation

Dans les années qui suivent, le jeune cinéaste réalise de nouveaux courts-métrages en auto-production. Plusieurs seront sélectionnés en festivals, voir primés :

  • Festival International de Clermont Ferrand
  • Festival International de Contis
  • Festival International de Téhéran

En 2015, Paul s’intéresse à la réalisation de clips musicaux, sélectionné pour co-réaliser le clip de l’artiste américain Matthew Marsh, Lost boys. Il continue aujourd’hui de réaliser des clips en plus de courts-métrages et films publicitaires.

Le plus récent, actuellement en post production, est celui du titre Yellow, de l’artiste Gaumar. Il a été fait en collaboration avec son ami et chef-opérateur présent dans l’équipe de nombreux de ses projets, Martin Laugery.

Photo de tournage du clip Yellow de Gaumar, co-réalisé avec Martin Laugery, produit par Active Records

Un réalisateur engagé

Très tôt, Paul Marques Duarte choisit de pratiquer un cinéma d’expression et ses réalisations traduisent une volonté d’engagement :

  • un engagement civique auprès d’une association où il aidera de jeunes élèves à découvrir la pratique du cinéma. Il est également membre du conseil d’administration de la Ligue de l’Enseignement 35.
  • politique par le biais de la SRF (Société des Réalisateurs de Films) où il siègeait au conseil d’administration du groupe courts-métrages ces 2 dernières années. Il est aujourd’hui encore membre de l’association.
  • enfin, un engagement artistique. Sensibilisé à la cause des migrants après avoir visité l’ancienne Jungle de Calais, il co-réalise avec la jeune cinéaste Violette Gitton I love London, tranche de vie d’un jeune réfugié syrien.

Le jeune réalisateur a su gagner la confiance de producteurs et notamment celui avec qui il travaille depuis plusieurs années, Les films de l’heure bleue. Être produit lui offre de travailler sur les projets plus ambitieux, tout en poursuivant sa volonté de réaliser des films aux thèmes forts.

Le combat pour la tolérance

Toujours au sujet de la cause des migrants, il s’associe en 2016 à la scénariste Blandine Jet pour l’écriture de Jeter l’ancre en un seul jour.

  • Prix du meilleur projet de film du Festival Côté Court (Pantin)
  • lauréat de la bourse SACD Beaumarchais.

Il réalisera le film début 2018 avec le soutient du CNC, la SACD et la région Bretagne.

Le synopsis :

Adèle, prof d’anglais, embarque à Saint-Malo avec son groupe de collégiens sur le ferry pour l’Angleterre. Mais elle doit composer cette fois avec l’arrivée d’un nouvel élève qui va perturber la traversée et conduire la prof à se remettre en question…

Photo prise lors du repérage pour le tournage de Jeter l’ancre en un seul jour, sur un Ferry, début 2018

2017, son Festival de Cannes engagé

Depuis 2013, Paul Marques Duarte n’a pas manqué un festival de Cannes. En 2013 et 2014 comme jeune cinéaste amateur au short film corner, il y est allé les années suivantes pour son action à la SRF présente dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs.

Cette année, le cinéaste y était également pour la présentation de Valentin(e), un film co-réalisé avec Violette Gitton et commandé par la société HP.

Le court-métrage qui sortira bientôt a déjà obtenu des distinctions :

  • Best Film Award – HP Master of Short Film
  • Compétition – Festival Chéries-Chéris
  • Festival TAM-TAM

Nous vous laissons découvrir en avant première le trailer…

Vous l’aurez compris, Paul Marques Duarte traite ici d’un autre sujet sur lequel il est engagé : la cause LGBT.

Le Cannes 2017 aura d’ailleurs connu cette même volonté d’ouverture des consciences, avec la présentation en compétition du film 120 battements par minutes. Si le jury a préféré remettre la Palme d’or à The square de Ruben Östlund, Robin Campillo, réalisateur de 120 BPM, a pu se consoler avec le Grand Prix du Festival.

Pendant ce temps, Paul Marques Duarte vivait ce qui sera l’un des temps fort de sa carrière, mais aussi une marque de son engagement : lors de ce dernier Festival de Cannes, il a été sélectionné comme membre du Jury de la Queer Palm.

La Queer Palm et un prix qui récompense un film pour son traitement des thématiques LGBT parmi ceux présentés toutes sélections confondues :

  • Sélection officielle
  • Un certain regard
  • Semaine de la critique
  • Quinzaine des réalisateurs
  • sélection de l’ACID

Le jury a d’ailleurs profité cette année de la montée des marches pour manifester contre les tortures faites aux homosexuels de Tchétchénie.

Action du Jury de la Queer Palm sur le tapis rouge du festival de Cannes 2017

En parallèle des thèmes engagés, Paul travaille également à des courts-métrages d’inspiration diverses :

  • Louis dans tous les sens (2018), Fiction, En post-production
    Co-réalisé par Violette Gitton, produit par Les Films de l’Heure Bleue
    Avec le soutien de la bourse BNP Paribas du Mobile Film Festival
  • Sauver sa peau (2017), Fiction, En post-production
    Co-réalisé par Blandine Jet
    Avec le soutien des chaînes TVR, Tébéo Tébésud

Anecdote de tournage

Lorsque l’on demande à Paul Marques Duarte s’il peut nous raconter des anecdotes de tournage, il est difficile d’en sélectionner une seule tant il en a ! « lorsqu’on fait un film, on est en prise avec le réel, impossible donc de tout gérer, il se passe toujours des imprévus, positifs ou négatifs ! ».

Il a bien fallu en choisir une pourtant et nous avons tout particulièrement aimé une histoire d’audace, car elle est représentative de cette qualité qui a toujours animé le jeune réalisateur.

En 2016, il réalise le clip publicitaire de la chanson Sing du groupe Bop’s. Paul imagine un début de clip avec un présentateur voix qu’il aimerait charismatique. Après de longues recherches, il retient, entre autres noms, le comédien et musicien Okon Ubanga Jones. D’autant qu’il remarque que l’artiste est souvent de passage en France.

Il aura fallu quelques coups de téléphone à des amis pour obtenir les coordonnées de Okon Ubanga Jones. Paul tente sa chance et contacte le comédien, malgré l’absence de budget pour pouvoir lui payer un cachet.

Le lendemain, Okon Ubanga Jones vient participer au tournage d’un clip qui restera cher au cœur du jeune réalisateur.

Le clip réalisé en 2016

Casting de ses comédiens : la motivation avant tout

Paul a plusieurs manière de caster ses comédiens. Parfois, il écrit un rôle en pensant déjà à l’acteur qui l’interprétera, c’est d’ailleurs le cas de plusieurs des rôles dans Jeter l’ancre en un seul jour, qui se tournera début 2018.

Pour d’autres films -la plupart d’ailleurs-, il a fallu organiser un casting. Si Paul ne gère pas lui même la pré-sélection (désolée les amis, pas de passe-droits possible 😉), il est bien présent et actif lors des phases d’auditions.

« Je ne cherche pas forcément des gros cv, ce que je veux, c’est la bonne personne, celle qui aura le désir de travailler sur le projet ». L’humain donc. Bien-sûr, le talent est nécessaire, mais il se révèle souvent là où on ne l’attendait pas. Aussi Paul fait parfois ce que l’on appel des « castings sauvages ».

Ça a été le cas pour la toute jeune Chloé. L’adolescente n’était pas comédienne, mais la lecture du scénario de Sauver sa peau l’a emballée et elle a fait une excellente audition.

Sauver sa peau (en post-production)
Écrit et réalisé par Paul Marques Duarte​ et Blandine Jet

Paul Marques Duarte poursuit ses études en Master Pro Scénario, Réalisation, Production à Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne.

Vous retrouverez l’ensemble de ses réalisations et toute son actualité sur son site : www.paulmarquesduarte.com

Pour ma part, je ne peux cacher que j’ai tout particulièrement aimé écrire cet article sur Paul et j’ai essayé de faire l’exercice en toute objectivité 😉

Qu’en pensez-vous ? Connaissiez-vous ce tout jeune réalisateur ?

3 Commentaires

  1. Elisabeth

    Je crois connaitre ce jeune réalisateur si c’est celui qui a réalisé « l’émotionnerie » je fais partie de l’organisation d’un festival de court métrage et l’avait visionné : si il n’a pas été sélectionné ce film avait vraiment retenu notre attention .bravo à lui pour ce parcours !

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    • Marnie

      C’est bien ce réalisateur Élisabeth oui. Il débute en effet un beau parcours que nous lui souhaitons couronné de succès !

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  2. Nathalie

    Un jeune talent promis à un bel avenir ! !nous suivrons avec beaucoup d’attention ses multiples projets ! !

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